Femmes Actuelles

Publié le par solyluna

Patrick Juvet se demandait : où sont les femmes ? Shamrock répond… (ou pas)

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Alors que Ségolène Royale fait sa tournée au Chili, que Michele Bachelet est depuis élue présidente du Chili, que la télé se féminise de plus en plus (présentatrices de jt, etc.), la scène féminine se développe et s’expose de plus en plus.

Certes, les chanteuses ont toujours existé, La Callas, Edith Piaf, Barbara, etc. ont toujours été très respectées et personne n’a remis en cause leur talent, elles font partie du patrimoine culturel.

Puis, dans la société de consommation, les maisons de disques n’ont pas hésité à mettre en avant les personnalités physiques des chanteuses… Les Jennifer Lopez, Christina Aguilera, Britney Spears, Shakira sont aussi célèbres pour leur plastique que pour leurs tubes. Et en faisant jouer cet aspect là, les femmes ont souffert d’un certain discrédit artistique.

Courtney Love est et restera avant tout la femme de Kurt Cobain, Gwen Stefani attirera toujours un certain public grâce à ses formes et ses tenues, France Gall a connu du succès grâce à ses paroliers Serge Gainsbourg et Michel Berger, etc.

Mais il existe des chanteuses qui se sont fait (re)connaître par leurs textes,musiques plus que par leur déhanchement. Joan Baez, Janis Joplin, Patti Smith (qui ont un petit côté masculin, soit dit en passant) sont des icônes du rock et reste, du moins pour la première, encore aujourd’hui inégalée. Dans un style plus calme, Françoise Hardy impose un certain respect, tout en réserve et humilité. Et c’est dans la lignée de Françoise Hardy qu’une nouvelle génération de chanteuses émerge sur la scène française. Elles n’ont pas de prétentions apparentes, occupent très peu les médias, s’accompagnent souvent d’une guitare simple et chantent en leur nom et non au sein d’un groupe, accompagnées de musiciens. Et depuis quelques années, les médias spécialisés, les « gens du métier » n’hésitent pas à mettre en avant leur talent.

L’émergence de cette scène féminine a été favorisée par l’énorme succès inattendu de Carla Bruni… Des millions d’albums vendus par cette ex-mannequin à la voix fluette, qui écrit ses propres paroles et joue elle-même de la guitare, aidée et soutenue par l’ex-guitariste de Téléphone, Louis Bertignac. Zazie aussi a fait son petit bonhomme de chemin, connaît un succès populaire et garde l’image d’une artiste simple et sympathique (elle m’avait d’ailleurs très agréablement surpris en concert aux vieilles charrues). En plus de succès en terme de ventes de disques, la Grande Sophie s’est vue remettre en 2005 la victoire de la musique « découverte scène ». D’autres artistes ont reçu des prix moins médiatiques : Camille a obtenu le prix Constantin (et succédé ainsi à Mickey 3D entre autres), Pauline Croze a reçu le prix Adami-Bruno Cocatrix, etc. Elles n’ont pas toujours des supers voix mais ont une plume, un style, une recherche artistique. Elles font partie de cette « nouvelle scène française », nouvelle chanson française et bénéficie du succès de -M-, Bénabar qui n’hésitent pas à les faire jouer en première partie et les inviter aux émissions qui leur sont consacrés (notamment taratata, avec -M- en janvier dernier, la musicale sur canal +, etc.). Cette scène à la spécificité de ne pas avoir trop de paillettes, être sympathique, proche du public (on se reconnaît dans beaucoup de chansons) et de se former grâce aux concerts, de vivre grâce à eux, d’enregistrer un album pour avoir un support, sans forcément avoir beaucoup de moyens et c’est aussi ce qui donne cette touche spéciale à cette scène… On voit d’ailleurs le retour en force du jamman, matériel qui sert à sampler sa propre guitare, c'est-à-dire qui enregistre quelques mesures et les répète en boucle, on peut donc s’accompagner tout seul, enregistrer la rythmique, faire des chœurs, etc. et ainsi étoffer la musique en étant pourtant tout seul avec une guitare (à cet égard, je vous conseille de voir la démonstration que fait -M- dans le dvd le tour de -M-). Anaïs, révélation printemps de Bourges 2005, a ainsi pu enregistrer un album simple, en live, seule à la guitare et cela reflète bien son univers.

Mais la caractéristique de cette scène, c’est aussi la place faite aux textes. Ce sont des petites histoires, souvent teintées d’humour, quelques fois malicieuses et surtout originales.

Olivia Ruiz fait aussi partie de ce renouveau de la scène. Après avoir participé à la star academy, elle a su se construire une petite carrière et notoriété, sans l’appui des médias. Elle a collaboré avec Juliette, qui connaît d’ailleurs un regain de succès ou du moins d’intérêt depuis deux albums (et a été récompensée comme artiste féminine de l'année aux dernières Victoires de la Musique)

Bref, les femmes ont le vents en poupe, et pas qu’en France (Des millions de gens se sont laissés envoûter par la voix jazzy de Norah Jones, Feist a vendu moins de disques mais a été récompensée par deux grammy awards, Bebe, dans un style un peu plus dynamique a connu un gros succès en Espagne, etc.). En plus de jouer de leur féminité et/ou de leur humour, elle manie bien les mots, ont une présence scénique, du charisme même teinté de timidité et de réserve…c’est ce qui fait aussi tout le charme de leurs musiques.

Quelques albums :

Anaïs – the cheap show, live in marseille

Premier Album solo de cette chanteuse qui s’exerce à merveille dans un univers délirant, des chansons réalistes comiques qui nous font penser à Bénabar.

En plus de paroles remplie d’humour, cet album est aussi agrémentée de parodies, à commencer par celle de Linda Lemay (« même si la vie c’pas du fois gras » ) et d’autres allusions dans différents morceaux (rap-collectif ; intermède : et pendant ce temps là sur mtv)

Bref, un album sympa à écouter qui nous donne envie d’aller la voir en concert (en avril à Nantes).

Bebe – Pafuera telarañas

Chanteuse madrilène qui connaît un joli succès en Espagne mais qui malheureusement ne fera pas beaucoup de concerts en France…

Son album est pétillant, on sent la chaleur hispanique. Après un premier morceau tout en retenue, les guitares se rythment un peu plus, virent parfois au ska-rocksteady, et les arrangements nous rappellent quelques fois Manu Chao (il y a quand même beaucoup moins de mimiques, samples, etc. ça reste très naturel). Même si ce n’est pas une chanteuse engagée, elle n’est pas étrangère aux problèmes sociaux (violence conjugale notamment) mais préfère la musique aux discours politiques. A découvrir et écouter en boucle. En plus, ça fait travailler notre espagnol.

FeistLet It Die

Il est très probable que vous connaissiez Feist sans savoir que c’est elle, une de ses chansons, Mushaboom, sert en effet de musique de fond dans la campagne de pub du nouveau parfum Lacoste.

Feist nous séduit par sa voix et un accompagnement dépouillé à la guitare pendant « Gate Keeper », morceau qui ouvre l’album. Elle diversifie les styles, passant même par une reprise des Bee Gees à sa façon (« inside out »). Un album calme, reposant, envoûtant. Avec sa voix légèrement cristalline, on ne peut qu’être charmé…

Publié dans Dossiers

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sophie 07/07/2006 19:58

trop bien merci d'avoir mis le clip de bebe! je te donerais mon bracelet pitch! ;-)