Les cowboys fringants : entrevue

Publié le par solyluna

Les Cowboys Fringants revenaient en avril dernier en France pour notre grand plaisir. Entre les balances et autres préparatifs du concert, ils nous ont accordé une entrevue dans les loges du Bataclan. Rencontre avec Dominique, batteur, Marie-Annick, violoniste et Karl, chanteur. ***

Comment l’opportunité s’est-elle présentée pour arriver en France ?
Marie Annick : par des gens qui écrivaient sur notre site Internet, qui voulaient nous voir, qui nous connaissaient par Internet parce que nos disques n’étaient pas encore distribués ici à cette époque là…Puis vu que la demande était là, on a réussi à venir faire l’Elysée Montmartre, c’est tout je pense c’te fois là.
Dom : oué, on était venu pour un concert, pour tâter le terrain puis voir si ça pouvait peut-être aller plus loin, revenir pour plusieurs dates ensuite peut-être.
Marie Annick : c’était une demande des gens de nous voir aussi.

« On était venu pour un concert, pour tâter le terrain puis voir si ça pouvait peut-être aller plus loin »

Quelle image avez-vous de la France et des Français ?
Karl : une carte postale.
Dom : bleu blanc rouge.
M-A : très sympathique. Les gens sont super sympathiques
Dom : je sais pas… il y autant de différents Français que de différents Québécois. Pis c’est vrai que les régions sont différentes l’une de l’autre. M-A : on est bien reçu ici. Dans les salles de spectacle, c’est toujours agréable.

Comment se passe la tournée ?
Karl : ça va très bien jusqu’à maintenant, on a joué à Nancy, au Zénith, il y avait presque 800 personnes. M-A : non Karl : plus que ça ?
Dom : en tout c’était 900
Karl : 900 personnes, les gens ont apprécié ensuite on est allé jouer à Bordeaux, c’était presque complet et c’était extrêmement plaisant aussi, les gens appréciaient, sautaient partout, dansaient, chantaient avec nous.
Dom : ça paraissait qu’à Bordeaux on y était allé déjà une fois, ils nous avaient déjà vus je pense ce qui fait qu’ils étaient moins gênés peut être, c’était plus fou.
Marie-Annick : ça va très bien jusqu’à là.

Comment se passe la composition des chansons ? (texte puis musique, etc.)
Dom : des fois l’idée ou quelques lignes viennent avant d’être mis sur la musique mais généralement la musique sert de base…Jean-François (ndlr : guitariste et principal parolier) surtout a des mélodies en tête ou en bande, puis à un moment donné il a une idée qui vient, il y a une idée qui va coller sur la musique…Ok je vais développer mon texte sur cette musique là, j’avais une idée de parler de telle chose, je vais mettre les mots puis ça colle bien sur chaque note.

Avez-vous commencé à composer pour un nouvel album ?
Dom : apparemment, il y a déjà des choses qui se préparent tranquillement.
Marie-Annick : mais on n’est pas rendu là encore. Notre tournée elle va terminer au mois de décembre, la tournée de la Grand-messe. Après ça on se concentrera sur un autre disque mais pas avant.
Dom : parce que même si on ne fait que quelques dates ici, faut pas s’imaginer qu’on est en vacances chez nous, on joue beaucoup beaucoup beaucoup.

Vous revenez pour l’été en France ?
Marie-Annick : oui, on fera quelques festivals dont trois très importants, qui sont les plus gros je pense là, on en a entendu parler : les Vieilles Charrues, les Francofolies de la Rochelle et le Paléo Festival, en Suisse. C’est trois parmi…je sais pas combien qu’on va en faire…
Dom : on est sensé en faire 5 en tous cas au moins.

« On fera quelques festivals dont trois très importants »

Quelles sont vos influences musicales ?
Dom : l’une de nos grandes influences c’est Sunny bien sûr, notre guitariste substitut qui drumme présentement. Bah c’est tellement varié… les influences pour la musique, les textes c’est une autre affaire, l’attitude c’est une autre « game » aussi…
Marie-Annick : mais mettons que dans les auteurs compositeurs qu’on aime bien qu’on écoutait à la maison, c’est sûr qu’il y a eu Renaud qui a été une source d’inspiration, Plume Latraverse qui vient de chez nous, Richard Desjardins de chez nous. Sinon en France présentement, on aime beaucoup Thomas Fersen, Bénabar, Mickey 3D, Tryo, les Ogres de Barback,…
Dom : sûr que les trois premiers c’est une grosse influence, Jean-François (ndlr : guitariste et principal parolier) les a beaucoup écoutés, puis ils ont comme point commun de jouer des fois avec l’humour mais de beaucoup dénoncer, de passer des messages politico-social etc.

Avec qui aimeriez-vous travailler ?
Dom : celui qu’on nomme toujours en premier je pense, on a déjà joué avec Mickey 3D, ça serait comme naturel de jouer avec eux en France en tous cas. On leur relance l’invitation encore indirectement parce que bon, on les trouve très intéressants, très gentils, pis au niveau du message ben, ça colle tsé. Sinon Marie ? Karl ? à part Pear Jam qui est un ton rêve ultime..
Karl : c’est sûr que tourner avec Pearl Jam ça serait quand même le fun...mais sinon au Québec il y a Richard Desjardins, je sais pas si vous connaissez ici en France…qui est un grand chanteur de chez nous..Pis c’est tout…
Dom : en fait au Québec on s’est déjà offert cette chance là.
Marie : on a déjà joué avec les groupes qu’on aimait.
Dom : on joue beaucoup avec les groupes qu’on aime…peu importe le genre musical, on a organisé des tournées musicales avec beaucoup de groupes, des groupes qu’on avait choisis.

« C’est sûr que tourner avec Pearl Jam ça serait quand même le fun... »

Avec Robert Charlebois ?
Dom : oui on a joué avec Robert, c’est cool là ! (ndlr : le 20 mai 2005 au Zénith de Paris)
Marie : on a joué en France avec lui, pas au Québec. Karl : on a joué pour lui au Québec. On a faite deux fois partie d’hommage à Robert Charlebois, on est allé jouer des chansons de lui sur scène.
Dom : pis la fois qu’c’était pour la télévision, on a été coupé !

Comment expliquez-vous qu’il y ait si peu de groupes québécois qui s’exportent en France ? Il y a vous, les Trois Accords, .il y a eu les Vulgaires machins qui ont fait des premières parties de groupes…sinon c’est que de la variété..
Dom : t’as parlé de variété, ça doit être un des deux éléments pourquoi il y a peu de groupes qui s’exportent ici…il y a une notion je pense de profit, d’argent de ceux qui contrôlent les radios, la télévision, les journaux, magazines. Chez nous c’est pareil à plus petite échelle, ici c’est ces gens-là qui contrôlent. Après ça, la scène alternative, il y a déjà 70 000 groupes en France…fait que c’est pas facile de se trouver une petite place là-dedans.
Karl : puis ça coûte quand même assez cher aussi.
Marie : il y a peut-être des groupes qui collent pas aux Français, ptête que les français aimeraient pas le style musical ou ne comprendraient pas assez les paroles…Mais la variété c’est ça qui fonctionne ici mais ça fonctionne aussi chez nous pour le grand public, c’est peut être pour ça qu’il y en a plus…

« On se fait un devoir de chanter en français »

Chanter en français n’est-il pas paradoxalement un handicap pour l’exportation ? Les groupes belges qu’on connaît sont anglophones, Simple Pan fonctionne bien et ils chantent en anglais…
Marie : nous c’est un devoir qu’on se fait de chanter dans la langue dans laquelle on parle, avec les mots dans lesquels on parle dans le quotidien. Je pense aussi que ça a un lien avec le fait qu’on soit pas beaucoup de francophones dans toute l’Amérique du Nord qui comporte des milliers et des milliers d’anglophones…puis nous, je pense que c’est aussi un côté de revendiquer notre langue qu’on aime..
Karl : on se fait un devoir de chanter en français, jamais on ne chante en anglais à part pour déconner…
Marie : on n’a jamais eu l’intention d’être un groupe qui fonctionne partout sur la planète non plus. Je pense que ça a commencé tout petit pis ça a grossi tranquillement parce que les gens appréciaient ce qu’on faisait mais jamais on n’a eu un but de carrière qui était international ou quoique ce soit. Même la France on est ici parce que les gens veulent nous voir.
Karl : on cherchait pas à venir faire carrière ici…on fait carrière au Québec puis on ne cherchait pas vraiment à faire carrière au Québec non plus donc..tout nous arrive comme ça. Marie : c’est l’fun, on voulait bien mais tsé on est conscient quand même que c’est un milieu difficile, pis ça veut pas dire que même si toi t’aimes ce que tu fais que les autres vont apprécier…enfin c’est le public qui décide si t’es là ou t’es pas là.

« On fait nos chansons pour le public québécois pis les Français nous apprécient tel quel »

Votre succès croissant en France aura-t-il des conséquences sur votre évolution musicale ? par exemple, traiter de thèmes plus globaux et moins centrés sur le Québec…
Dom : tu sais quoi ? il y a des journalistes au Québec qui ont osé dire que la Grand-Messe (ndlr : leur dernier album en date) avait été écrit pour la France ! La toune (ndlr : chanson) sur Lévèsque (ndlr : fondateur du Parti Québécois et premier ministre du Québec dans les années 70), En attendant,…on parle aussi joual (ndlr : québécois) qu’avant...mais ils racontent n’importe quoi…
M-A : mais déjà pour la Grand-Messe il y a des chansons qui survolent des thèmes plus globaux, plus sociaux, plus international dans l’sens que tout le monde peut s’y rattacher…pis même sur Break Syndical (ndlr : avant dernier album) aussi, il y a des chansons qui parlent d’un ami qui feele pas bien…j’pense que c’est quelque chose que vous pouvez comprendre ou que vous vivez vous aussi.
Dom : mais sinon naturellement, c’est pas dans le but de fonctionner en Europe. De toute façon, nous, pour fonctionner en Europe si tu veux, il faut justement être nous mêmes, faut justement dire « à boire tabarnak ! ». On fait nos chansons pour le public québécois pis les Français nous apprécient tel quel. On changera pas.
M-A : on fait pas pour le public québécois, on les fait comme nous on les sent. Si le public aime ça, tant mieux.
Karl : en fait, on fait des albums qui nous font plaisir avant tout. Pis je pense que c’est le meilleur moyen de durer par la scène.

Ne craignez-vous pas qu'avec le temps, vos préoccupations sociales, économiques ou environnementales changent et se mutent?

Dom : le danger est effectivement là. Ca fait que il faut peut être se le rappeler entre nous ou que les gens nous le rappellent « eille attention là ! ». Mais j’pense que déjà en étant cinq, on se motive les uns les autres ou on se propose des pistes des fois…là on travaille, enfin surtout Jérôme (ndlr : bassiste) travaille sur la fondation des Cowboys Fringants où les fonds qu’on ramasse vont pouvoir être distribués à des organismes. Ca fait qu’en se gardant éveillé à tout ça, en étant cinq ou six à s’encourager, je pense qu’on se surveille.

Karl : faut dire aussi que ça fait dix ans que le groupe existe, à part le fait qu’il y a plus de gens qui nous connaissent maintenant, je pense pas qu’on ait changé beaucoup en tant que personne…


« A plusieurs on peut quand même « désempirer » la chose. »


On est aussi épais (ndlr : bêtes) qu’avant, on est aussi déconneur…pis j’pense pas que le succès premièrement nous a pas monté la tête…et avec la gravité des situations qu’on dénonce, j’pense pas que ça va aller en s’améliorant donc on peut juste être de plus en plus conscientisé pis nous peut être qu’on est, parce que vl’à dix ans, il y avait peu de gens qui étaient intéressés à recycler ou s’occuper mettons de faire du tri sélectif ou des choses comme ça. Là aujourd’hui ça devient de plus en plus criant comme besoin : nous on vit la fonte des glaciers, le réchauffement de la température, vous ça va vous frapper par…ça va se refroidir en France héhéhé...donc vous allez peut être avoir des hivers de six mois, pis nous là on va avoir l’été à l’année.>/ br>
Dom : pis nous là on va produire du vin pour vous !
Karl : oué, sauf qu’éventuellement ce qui va arriver c’est que tout va brûler, l’écosystème, les animaux vont périr.
Dom : on va produire du vin avec un cancer de la peau !
Karl : haha…Donc là présentement, j’pense pas qu’il y ait un être humain sur la Terre qui ne puisse pas accepter le fait que ces choses là sont réelles et s’en viennent donc nos préoccupations vont pas changer d’ici dix ans. Dans dix ans ça va être pire, ça va être encore d’autres préoccupations, donc si les gens ne sont pas au courant présentement, qu’ils se renseignent et ils verront que la situation n’est pas si glorieuse que ça.
Dom : pis qu’à plusieurs on peut quand même, moi comme j’aime dire, « désempirer » la chose.
Karl : ouais, en posant tous un petit geste. Parce que puisque souvent les gouvernements eux ne posent aucun geste, ils font des promesses pour attirer l’électorat, pis après ça ils se défilent en ne tenant pas leurs promesses.
Dom : c’est pourquoi il y a un euro par billet qui va aux amis de la Terre, qui est un organisme qui travaille en parallèle des gouvernements. Même en France ?
Karl : oui !
Dom : en fait surtout en France parce que chez nous c’est d’autres organismes mais qui sont dans le même genre.

N'avez-vous peur que votre succès devienne commercial, trop commercial ?
Karl : ça c’est pas nous qui décide, la guerre là, populaire, commercial et d’tout ça. Notre message a besoin d’être diffusé pis si les gens considèrent que passer par les radios pis tout d’ça ça fait de nous des gens commercial ou comme ça, bah c’est leur choix à eux. Je sais déjà qu’il y a des gens qui ne nous écoutent plus parce qu’on joue dans certaines radios, bah…just too bad. On peut rien y faire, c’est pas notre choix nous autres de devenir des mégastars, je dis pas qu’on est des mégastars non plus. C’est juste que aujourd’hui notre message est diffusé, pis les gens l’écoutent. On perd des gens à cause de d’ça pis on en gagne d’autres à cause de d’ça. Donc si les gens pensent qu’on est commerciaux, faut juste les amener nous voir en spectacle, pis ils vont voir c’est quoi un « band » commercial qui fait 3h de spectacle.
Dom : qui casse tout !

« Je sais déjà qu’il y a des gens qui ne nous écoutent plus parce qu’on joue dans certaines radios, bah…just too bad »

Plusieurs groupes québécois après un avoir connu un succès se séparent. Qu'est-ce qui explique que vous soyez si unis après toutes ces années?
Dom : c’est qu’il faut pas coucher avec la blonde de l’autre. Karl : en fait ça, je pense comme je disais tantôt, c’est un problème d’ego. C’est que les gens actuellement dans les groupes, il y en a tout le temps un qui décide de dire : bon bah là ça marche, moi je vais me servir de tout ça, je vais faire ma carrière solo, je vais partir. C’est pour ça que les groupes se séparent tout le temps, c’est la raison unique de, je dirai pas juste au Québec, partout dans le monde c’est comme ça.
Dom : des fois c’est des histoires d’argent qui n’est pas partagé.
Karl : ou c’est pas assez rentable, on pourrait faire toutes ces salles…je parle pas d’exemple mettons Dany Bedar ou de Boom Desjardins là, tsé, qui décident de partir parce que eux autres, au lieu de splitter ça à 5, 6, j’vais faire tout d’ça tout seul, je vais faire plus d’argent, ça fait grossir leurs egos, ils deviennent de la merde après, ils deviennent inécoutables et pathétiques..et là je parle juste des deux personnes que j’ai nommées hahaha ! (sadique)
Dom : ohh…
Karl : Ca sort où, j’peux en avoir une copie de d’ça ? Nan mais c’est ça, le problème, la minute où le succès te monte à la tête un peu, j’pense...mais il y a des manières, je prends mettons Louise Attaque qui ne s’est pas vraiment séparé mais il y a eu des projets parallèles, Tarmac et ces choses-là, tsé quand c’est des petits projets. C’est sûr que le musicien cherche à vouloir se libérer..se…qu’est-ce que je cherche là ?
Dom : changer d’idée ?
Karl : non…exploiter son instrument, il décide de faire un projet, il a le goût explorer de nouveaux horizons.Admettons quelqu’un qui tripe plus Jazz, il va faire un projet jazz qui feelera pas vraiment avec le groupe dans lequel il était. Ca c’est normal, ça ça se fait..Pis c’est très sain même, ça devrait être faite par tout le monde, je comprends pas pourquoi les gens du groupe refuseraient que la personne qui a le goût de faire quelque chose plus personnel sans mettre un terme à son union avec le groupe. Parce que ça serait ridicule. C’est ridicule.
Dom : en fait il y a un paquet de raisons que peut être nous on connaît pas encore parce que, on a grandi tranquillement à cinq, on a eu des hauts et des bas ensemble. Ptête si le succès était arrivé en douze mois bah là…
M-A : mais il y a des groupes qui se séparent aussi parce que le public est plus là.
Karl : pis il y a des groupes, c’est peut être de contraintes familiales, tsé, t’es rendu avec sept enfants, j’parle de Dom (ndlr : le seul du groupe à être père)… ça fait que la famille…
M-A : ...nan mais je pense qu’on a répondu à la question.

Comment avez-vous perçus les derniers évènements sociaux et politiques ? (banlieue, cpe, …)
Dom : on était ici en novembre…le CPE on n’a pas vraiment suivi, on n’est pas au courant...mais tout ce qui est déclaration de Sarkozy, bah écoute on est pas surpris que les gens réagissent comme ça. Il y a un peu de télé pis de radio là-dessus… faut être curieux quand même.

Est-ce que les problèmes politiques québécois rejoignent les préoccupations des jeunes Français?
Dom : beaucoup de Français sont intéressés en tous cas à ce qui nous arrive, à ce qui se passe. Pis souvent tout ce qui est notre réaction par rapport à la guerre en Irak ou comment on va réagir avec l’Iran, ça c’est l’international donc nécessairement ça peut être intéressant pour les Français.
Karl : ça ça touche le Canada…pas vraiment le Québec…
Dom : non mais regarde, si Harper il déclare la guerre, là nous on se prépare…sinon au niveau de la séparation du Québec là ça a pas beaucoup changé ces dernières années.
Karl : pis faut demander aux Français, nous on sait pas vraiment comment ça les touche, comme nous avec la politique française, faut vraiment être intéressé…si t’es pas plus ou moins intéressé, t’as tendance à passer au dessus des sujets…si ça les touche tant mieux, si ça les touche pas…c’est…c’est pas très très plaisant non plus, la politique de toute façon, c’est pas l’fun.

« C’est plein de bonnes raisons pour promouvoir nous-même notre pays au lieu d’être l’espèce de dernier wagon du Canada. »

Croyez-vous encore à la cause souverainiste ou comme dans votre chanson "Lettre à Lévesque", vous croyez qu'il reste encore beaucoup à faire avant que les Québécois obtiennent leur pays?
Dom : avoir un autre chef du parti Québécois. Il y a beaucoup à faire, ya des jours on se demande si c’est vraiment la bonne chose à faire, pis le lendemain l’extrême droite est élue au Canada, donc la on se dit : oué, probablement, ça serait mieux qu’on fasse la souveraineté. Il y a beaucoup à faire, c’est de changer la mentalité générale des individus peut-être, pour les laisser croire qu’au Québec on est capable, on n’est pas des truites là, on n’est pas des cons là..On pourrait très bien…
Karl : le Québec c’est un des plus beau pays du monde, la culture est géniale, il y a autant d’auteurs, de cinéastes, de musiciens, de groupes…probablement qu’il y a plus de groupes de musique au Québec qu’il n’y en a dans le reste du Canada. Pis notre cinéma est exploité, il y a plein de bons films chaque année qui sortent, plein de belles choses on parle français, on est les seuls 7 millions dans toute l’Amérique du Nord, c’est plein de bonnes raisons pour promouvoir nous-même notre pays au lieu d’être l’espèce de dernier wagon du Canada.

*** A suivre cet été … http://www.cowboysfringants.com http://www.cousinsfringants.asso.fr pour de plus amples informations

Publié dans Interviews

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