Furia Sound Festival

Publié le par solyluna

 Cette année, on célébrait la 10e édition du Furia Sound Festival sur la base de loisir de Cergy Pontoise. Avec pas mal de groupes métalleux, ou pour élargir le champs, de rock furieux, le furia a fait la part belle aux courants underground, sans renier les groupes plus populaires. Ainsi, Buju Banton, Mickey 3D, les Têtes Raides, les Wampas, Yann Tiersen, Blackalicious, Emilie SImon, Dead Kennedys, Team Nowhere partageaient l'affiche avec Spontane, The Ex, Gojira, Atomic Maggot, Guar(a)pita, Bananas at the audience, et bien d'autres encore...sans oublier la finale nationale de Air Guitar, ainsi qu'un village associatif bien présent et utile en ces temps d'agitation sociale. Le décor est planté, place au compte-rendu.

Shamrock était donc présent sur ces terres franciliennes, mis à part vendredi suite à un problème logistique. On n’est donc passé à côté des finalistes du tremplin étudiant Atomic Maggot, des régionaux K2R Riddim, du maître du reggae Buju Banton, des rappeurs de Blackalicious, de la sublime Emilie Simon, des déjantés Fatals Picards et d’autres mais on va arrêter là pour pas se faire taper. Encore désolé à ceux qui voulaient des photos sous toutes les coutures d’Emilie Simon, entre autres.

    C’est donc samedi que les choses sérieuses commencent pour nous. « A beautiful day in a magical place » Après une assez longue attente à l’entrée (ils font entrer les gens par paquets pour éviter les goulots d’étranglement au niveau de la fouille, ce qui fait qu’on peut attendre facilement une heure avant de faire la queue pour la fouille), nous voilà donc dans l’enceinte du Furia. Le soleil est radieux, un nuage de poussière se forme au dessus de la fosse de la scène bleue, scène principale soit dit en passant. Les coupables de ce remue-ménage ? La Team Nowhere qui achève son concert par plusieurs bravehearts (le public se scinde en deux et les deux blocs se foncent dedans une fois le signal lancé par un chanteur). Quatre groupes réunis (Pleymo, Enhancer, Wünjo et Vegastar), ainsi que quelques invités (de Watcha et de Mass Hysteria), ça fait beaucoup de décibels dans l’air. Comme c’est indiqué sur les côtés de la scène, le furia libère les énergies. Mais bon, le final de la Team Nowhere couvre à peine l’intro de Gojira sur la scène d’à côté. Du métal bien lourd, une rythmique rappelant des marteaux piqueurs, bref, ce n’est pas vraiment à mon goût. Ca tombe bien, l’unique conférence de presse annoncée du festival se prépare, le temps pour Pleymo de récupérer de leur concert. Ca nous permet un peu de côtoyer le monde professionnel et de récupérer des infos sans avoir à préparer de questions, ce qui est idéal pour se chauffer. Pendant ce temps là, Kill The Young a pris place sur la grande scène et servira donc de fond sonore pour la conférence de presse.
    Alors Pleymo, qu’ont-ils de beau à nous raconter ? L’ambiance est très décontractée, ils reviennent un peu sur le concert de la team Nowhere (2-3 mois qu’ils travaillent dessus, même si l’idée a 7-8 ans, les chansons ont été choisies suivant les attentes du public et l’efficacité live des morceaux) avant de parler de leur actualité : le 9 octobre sortira leur nouvel album dont le nom ne sera pas dévoilé avant la rentrée, il sera accompagné par la sortie d’un livre qui mettra en scène les chansons (13 au total qui auront abouties alors qu’une soixantaine avait été composée), enfin les paroles des chansons seront partie prenantes de l’histoire, ils partiront en tournée mi-février, pas forcément à l’étranger car la condition pour Sony est de chanter en anglais et ça ne les avait pas trop emballé. Après une séance photo improvisée dans un cadre forestier, on repart vers la grande scène.
    Cette scène offre vraiment un cadre agréable, c’est presque un amphithéâtre naturel, et par ce merveilleux temps, quoi de mieux que la chanson de Venus pour qualifier le lieu : a beautiful day in a magical place. N’oublions pas que c’est un centre de loisirs, on trouve donc pas mal d’arbres (sous lesquels s’amassent les festivaliers cherchant de l’ombre) ainsi qu’un lac, le tout sur un terrain vallonné (d’où un amphithéâtre naturel pour la scène I)… Vraiment sublime comme conditions de travail. Surtout que l’équipe du Furia est très accueillante et nous permet de réaliser les interviews qu’on souhaite (dans la mesure du possible). Que demander de mieux !
    Yann Tiersen prend place sur la scène II (verte). Agenouillé pour jouer du carillon et du mini piano, il ne se rend même pas compte que la sono saute et que la foule n’entend plus rien. Ce n’est qu’en se relevant pour saluer le public et présenter ses musiciens qu’il constate que le micro (et le reste) ne fonctionnent plus. Tant pis, c’est à tue-tête qu’il présente son équipe. Quelques minutes de patience avant que tout soit rétablie et que le concert puisse continuer normalement. Au bout de quelques morceaux, Yann tombe le t-shirt. Puis à la fin du concert, deux membres des Têtes Raides viennent le rejoindre sur deux morceaux. Le concert s’achève. Un rappel Amélie Poulain, version bien rock, puis au revoir. Il lance aussi un appel à signer la pétition pour Education Sans frontière, contre l’immigration jetable dite choisie. Arthur H prend place sur la scène verte, on le regarde de loin, en mangeant tranquillement dans l’espace réservé à la presse, aux côtés de Kill The Young, qui nous font cadeau de leurs bouteilles restantes (limonade, coca bizarre et bières).
    Retour à la grande scène pour attendre la prestation des Têtes Raides. Là, un organisateur prend le micro pour annoncer que le concert de Babyshambles est annulé et ce sera le seul désistement du festival. Pas plus d’explications (si ce n’est Pete Doherty en couverture de Voici la semaine suivante…mais cela ne nous regarde pas).
     Les Têtes Raides nous présentent un concert bien rock, aux couleurs de « Fragile » (lumières rouges et blanches, tous vêtus de noir). Pour mieux connaître l’atmosphère de leurs concerts, je vous renvoie à la chronique du concert dans le numéro 21. Les conditions de festivals ne permettent pas de faire une grande mise en scène, l’horaire de passage leur permet néanmoins de profiter des jeux de lumières (et profiter pleinement de la chanson « Ginette »). Yann Tiersen les rejoindra sur deux morceaux (dont Ginette), histoire de rendre la pareille. Pas de BabyShambles, on se dirige donc vers Mouss et Hakim : un show coloré, à l’accent toulousain, avec hommage à Claude Nougaro (auteur d’un texte de chanson).
    Journée du samedi bien remplie, on revient dimanche pour l’air guitar, marcel et son orchestre, les wampas et mickey 3D.

Dimanche, même scénario pour l’entrée : une longue file d’attente que la musique reggae n’arrivera pas à calmer, surtout sous la pluie. Bon, une fois le barrage franchie, on se dirige sans trop glisser sur la première scène, où la finale nationale d’Air Guitar (vous savez, ces gens qui jouent les guitar hero sans guitare) touche à sa fin (c’est ça d’attendre plus d’une heure devant l’entrée). Didier Wampas est président du Jury et vraiment ce concours est louphoque. Les derniers participants s’affrontent sur du Motorhead, le look est très travaillé pour certains.
 
Vraiment louphoque même si le niveau n’est pas très élevé (« c’est comme à l’eurovision, on va finir dernier » selon sieur DW). Ca reste très rock’n roll à la remise des prix, le public visiblement n’est pas d’accord avec le Jury.
    Passons à la grande scène…ce qui se révélait être un quasi amphithéâtre naturel le samedi est devenu une cuvette géante. Les côtés pentus sont de véritables toboggans, et dans la fosse, mieux vaut avoir ses lacets bien attachés pour éviter l’effet ventouse de la boue. Les concerts sont décalés à cause de la pluie. Marcel et son orchestre commence à peu près à l’heure, le temps de couvrir un peu les retours et d’éponger un peu l’avant de scène. Marcel commence avec Zarathoustra, longtemps que je n’avais pas entendu cette intro…s’en suivent les morceaux des différents albums et trois titres du nouvel album, E=CM2, prévu à la rentrée. Des bateaux pirates émergent et coulent dans le public, des fées viennent agrémenter la chorégraphie de la fée Dépovga, des morceaux de boue volent au dessus de la fosse (et atterrissent parfois sur les photographes qui gênent la vue avec leurs places privilégiées d’accrédités)… Tout ça se termine assis par terre, pour les vaches, pendant que Mouloud vient faire du toboggan dans la boue avec certains motivés du public. L’ambiance est donc festive malgré des conditions météorologiques déplorables. La boue, c’est bon pour la peau après tout, Didier Wampas nous le rappellera plus tard.
    Mickey 3D se prépare et viendra jouer sur cette même scène. Ils nous sortent des chansons de tous leurs albums, du rock 60’s, des paroles quelques peu anti-parisiennes et des remarques du même type. Un concert qui démarre plutôt lentement, jamais deux chansons rapides d’affilées, on risquerait de se réchauffer sinon. Bref, l’accueil n’est pas très chaud : un groupe qui semble être forcé de jouer en région parisienne (si ça les ennuie tant que ça, autant ne pas venir du tout au lieu d’avoir une attitude à moitié désagréable : qui fait le plus d’effort, un groupe stéphanois rémunéré pour jouer abrité par la scène ou un public qui a payé pour voir un concert en plein air sous la pluie ?) un public trempé qui déserte petit à petit cette cuvette (il restait quand même du monde à la fin, n’exagérons pas, mais pas beaucoup par rapport aux Têtes Raides la veille).
    Reste les Wampas pour conclure ce festival (auparavant Gogol Bordello nous offrait un ska rock à la marcel, avec des paroles onomatopéiques et des tenues un peu plus SM, parenthèse terminée). Didier arrive tout de blanc vêtu (sauf les baskets jaune fluo) pour un concert bien électrique, il faut communier dans la boue ce soir ! On retrouve les éléments habituels d’un concert des Wampas : une voix qui part en vrille dans les aigus, Didier qui se fait porter par le public sur une chaise pour les Bottes Rouges, des slams dans tous les sens, des escalades de scène et de régie, un envahissement féminin de la scène pour Petite Fille, des bises boueuses faites au public pour Kiss, etc. Sans oublier le baril, élément nouveau pour cette tournée. A noter aussi l’abeille de Vie, Mort et Résurrection d’un Papillon : une personne du public, sûrement fan de marcel vu son déguisement, portait donc des ailes colorées, Didier a donc voulu que cette abeille s’envole avec lui vers la scène, ce qu’il réussit avec difficultés à faire (l’abeille ne voulant a priori pas slammer à l’origine, il a fallu lui attraper les pieds pour la porter, et ensuite, elle était plus lourde que prévue).

Bref, ça réchauffe, Didier est toujours le roi, inventeur ou du moins garant du rock’n roll et ça conclut dans la bonne humeur ce festival : Cergy Pontoise et le Furia ont bien libéré nos énergies.
 

Publié dans Concerts

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Cyril 28/07/2006 23:22

"(et atterrissent parfois sur les photographes qui gênent la vue avec leurs places privilégiées d’accrédités) "faut laisser travailler les pros voyons ;o) (nempeche j'ai esquivé la boue, et tout juste reçu une fleur en plastique ! )