Une soirée au 6e Festival Histoire d'Avenir

Publié le par solyluna

A venu (à Nantes), A vu (les concerts), A vaincu (la Pluie)

En ce week-end d’entre deux tours avait lieu le Festival Histoire d’Avenir, festival associatif qui mélange musique et autres activités culturelles (table ronde, animations, dégustations, etc.) autour du thème des racines et du déracinement. Un festival qui veut bâtir un pont entre le passé et l’avenir vers l’échange et la tolérance. Il s’inscrit pleinement dans l’atmosphère de Nantes ces derniers temps. : le 1er mars, le château des Ducs de Bretagne rouvrait ses portes après 15 ans de travaux (dont trois de fermeture totale), avec une exposition permanente sur l’histoire de Nantes qui comporte une large partie sur le commerce triangulaire, le dernier festival du cinéma espagnol (du 14 au 27 mars) avait axé sa sélection sur le thème des migrations, de l’exil et du déracinement. Le 6 mai prochain, nous saurons si un ministère de l’immigration verra le jour (sic). Le 10 mai, on célèbrera pour la 2e fois la journée pour la mémoire de l’esclavage, qui on l’espère sensibilisera beaucoup de monde au vu du passé nantais.

Et entre tous ces évènements culturels et politiques donc se tenait le Festival Histoire d’Avenir, avec pour parrain, Julien Jacob et pour tête d’affiche les Cowboys Fringants. Deux groupes qui par leur origine sont en adéquation avec le thème de l’édition, racine et déracinement. Julien Jacob pourrait être un exemple de déracinement. Né de parents antillais, au Bénin, il arrive en France pendant son enfance. Comment alors concilier ces deux cultures, liées par le passé mais tellement différentes. Il est souvent compliqué de se trouver une identité : différent car né ailleurs, étranger car parti ailleurs. Voilà le déracinement (et c’est bien connu en botanique, il est parfois difficile de faire repartir un arbre que l’on a retiré de sa terre, même s’il lui reste des racines…de nombreux sapins de Noël pourront en témoigner). Heureusement, la musique est là pour servir de terreau. Des rythmes universels, une langue imaginaire, une identité hybride qui prend tout son sens en musique.


 <= Photos par là

Le Québec est un cas différent. Abandonné par la France qui a préféré la canne à sucre au sirop d’érable, les Québécois ont grandi dans un monde anglophone. Tout anglophone ? Non, une petite province résiste encore et toujours à l’envahisseur grâce à la loi 101 qui rend la langue française officielle et les protège de l’anglais dominant. Leur devise « Je me souviens » souligne cet attachement au passé. Et la prolongation de cette devise « né sous la fleur de lys, je crois avec la rose » (dont les origines restent inconnues et non officielles) montre ce mélange de racines et ce perpétuel questionnement. « Canadien de loi, Québécois de foi » clament certains patriotes endurcis, Européens par la mémoire mais assurément Nord-Américains par le territoire. Aujourd’hui, à défaut d’une souveraineté qui s’éloigne au fil des élections, il leur reste la fierté de Québécois.

Une fierté un peu malmenée quand le maître de cérémonie introduit les Cowboys Fringants comme groupe canadien très attendu de la soirée…l’heure de retard ayant renforcé cette impatience du public. Les Cowboys Fringants, dans une formation inhabituelle, se sont montrés à la hauteur des attentes. Le prix du concert particulièrement bas faisait dire à certains : il n’y a pas de quoi se plaindre, concert à moitié prix, groupe à moitié là (trois remplaçants sur les sept musiciens habituels). Musicalement on ne sentait pas de différence, il manquait peut-être quelques fantaisies entre les musiciens. Le concert a commencé avec des morceaux très rythmés et festifs, obligeant les vigils à arroser le public pour le rafraîchir un peu. A travers leurs chansons, ils ont raconté des histoires tirées de chroniques de vie quotidienne, rythmé l’histoire du Québec et rappelé leurs engagements écologiques, civiques et citoyens pour penser à l’avenir, malgré les vieilles amertumes et le reste…

Si ensuite on avait envie de rester, avec Julien Jacob la nuit était douce, on pouvait écouter. Mais le public n’a été qu’une étoile filante.

Photos par ici =>

Il est surprenant d’avoir ouvert le festival avec le groupe tête d’affiche. Peu de gens connaissaient Julien Jacob et une grande partie n’a pas pris la peine d’attendre pour voir la prestation du parrain du festival. Un concert afro-pop, très intimiste. Guitare, percussion voix pour un son épuré, naturel, ne retenant que l’essentiel de la musique, éveillant l’essence des sens dans une langue énigmatique. Des chansons tout en douceur, tout en simplicité qui apaisent le public.

Si les Cowboys Fringants ont fortement réchauffé le public pendant leur show, ils ont laissé un désert derrière eux. Dommage. Mais Julien Jacob l’a transformé en paisible oasis. Ceux qui l’ont vue et partagé ses émotions auront apprécié.

Publié dans Concerts

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

Marie 29/06/2007 19:40

Le devise exacte est "je me souviens d'être né sous le lys et d'avoir grandi sous la rose"  
 Lys= symbole des Rois de France  et rose = des Anglais.

Patrick Desbiens 05/05/2007 10:13

Et la prolongation de cette devise « né sous la fleur de lys, je crois avec la rose » (dont les origines restent inconnues et non officielles)---------------------------------------------Cette devise est sous une statue de la ville de québec (Malheureusement il est 4h du matin et je ne me souvien plus laquelle lol)"je me souvien que né sous le lys, je croit sous la rose"Cette devise, même que non-officielle est sujette a quelque dicussion au québec même....Au peut également la voir sous cette interprétation:Je croit que né sous le lys "francais" je croit sous la rose"anglaise".étant donnbé que la devise je me souvien fut intégré dans les années 60,70, on peut se demander si les plaques d'immatriculation reflete vraiment cette pensée que je trouve à mon avis...un peu "coloniale".Peut-être que le gouvernement québecois de l'époque à voulu "tenter" d'inculquer aux citoyens une reconnaissance du passé et une fierté de celle-ci, nous avons pu remarquer que les quebecois...ne souvienne absolument de rien...Dommage n'est ce pas?Patric Desbiens, indépendantiste convaincu ^-^PS: désolé pour les fautes :(----------------------Super ce blog continu ^-^