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Mes aïeux - Tire-oi une bûche
Manu Chao - la radiolina
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Mes aïeux au Divan du monde

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Vendredi 7 juillet 2006
Ceci est un article paru dans le Shamrock Mag #19. Il a été légèrement modifié depuis et sera agrémenté d'extraits audio pour avir un meilleur aperçu des groupes cités.
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La scène québécoise reste largement méconnue du public français. En effet, quand on dit chanson québécoise, ce sont surtout des chanteuses à voix comme Céline Dion, Isabelle Boulay, Marilou ou des chanteurs issus de comédies musicales qui nous viennent à l’esprit. Pourtant, la scène alternative regorge de bons petits groupes qui ont un accent plus ou moins prononcé. C’est la venue des Cowboys Fringants en France, groupe phare de la scène rock dans le pays de la poutine, qui nous donne l’occasion de découvrir cette scène.

Commençons donc par les Cowboys Fringants, groupe qui est parti à la conquête de l’est depuis 2 ans, qui a d’abord posé ses valises à Paris et qui maintenant tourne à travers la France et fait quelques haltes en Belgique.

Les Cowboys Fringants (CF pour les intimes) sont fiers d’être québécois, ils chantent en joual (langage populaire québécois, ostie d’tabarnak) et alternent chansons engagées (soucieuses de la situation politico économico écologique québécoise), chansons festives (où on retrouve des personnages récurrents à travers leurs différents albums), et ballades tranquilles. Musicalement, on pourrait dire que ce sont des cousins de Louise Attaque (premier et deuxième album), avec un accent et des expressions bizarres en plus.

Ils ont 4 albums à leur actif plus un live cd/dvd qui devraient être disponibles en fnac. A noter cependant que leur dernier album, la grand messe, a connu une certaine médiatisation et un bon soutien de la fnac, entre autre. Et la présence (judicieuse) d’un lexique de la langue québécoise accompagnant le livret de paroles montre qu’ils commencent sérieusement à s’intéresser au public français. Bref, c’est vraiment un groupe à découvrir, ils rendent bien en concert et sont vraiment sympathiques. Alors ne soyez pas rebuté par leur nom et osez y jeter un œil si jamais ils passent près de chez vous (pas avant le printemps ou l’été à mon avis, à l’heure de la sortie du magazine, ils doivent être repartis dans leur belle province où leurs concerts sont très souvent complets). extrait musical proposé : Joyeux Calvaire, sur Break Syndical

Pour ceux qui sont séduits par l’accent du lac st-jean, voici quelques groupes à découvrir : Les Vulgaires Machins : un groupe plus punk basique, avec des paroles punk basique (prenons un exemple : j’fais d’la poudre, pour travailler plus, pour faire plus d’argent, pour faire plus de poudre, pour travailler plus, pour faire plus d’argent, pour faire plus de poudre, etc.) Leurs albums étaient disponibles chez des grands disquaires (que l’on peut trouver dans l’ancienne Bourse) car ils ont fait des premières parties des Wampas ou de la Ruda Salska. Ils ne sont pas très actifs ces derniers temps paraît-il mais ils ont fait une apparition en invité lors d’un concert caritatif organisé par les cowboys fringants.

Toujours en groupe québécois qui essaie de percer en France, il existe les Trois Accords qui font du rock un peu basique (comme leur nom l’indique) et les paroles sont dans le registre de l’humour. Un de leur clip a été diffusé sur une chaine hertzienne dite musicale (qui monte qui monte), ils ont aussi été groupe découverte sur le mouv’ et ont fait un concert à Paris en octobre.

extrait musical proposé : Hawaïenne, sur Gros mammouth

Deux autres groupes commencent à voir un petit succès en France, ils jouent plus de la pop rock assez tranquille et n’ont presque pas d’accent (ce qui facilite l’entrée sur le marché français). Il s’agit de Dumas (qui faisait dernièrement les premières parties des cowboys fringants en France) et Stefie Shockun homme à la mer pour chaque fille amère »). On peut aussi ajouter Pierre Lapointe qui ne bénéficie pas de distribution en France pour le moment, ni de spot tv, mais qui vient faire quelques apparitions sur le vieux continent en avril. Il fait plus dans la chanson, souvent en piano-voix, même s’il diversifie les styles musicaux au fur et à mesure de ses albums (deux pour le moment). (extraits musicaux prochainement disponibles : J'erre de Dumas, Un homme à la mer de Stefie Shock, Place des abbesses de Pierre Lapointe )

Les autres groupes sont restés dans l’enceinte québécoise mais si certains veulent découvrir…. Les colocs est un groupe culte qui a marqué le rock alternatif (ce groupe n’existe plus suite au suicide du chanteur, qui avait du mal a supporté le succès), ça part quelques fois en ska, en reggae, en rock, en acoustique tout calme, bref, ils touchent à différents styles et était vraiment un groupe de scène. Les thèmes des chansons parlent souvent de la vie en banlieue, les changements de société, l'amour et la drogue, le sida (le bassiste est mort du sida aussi).

extrait musical proposé : la chanson du scorpion, sur Atrocetomique

Mononc’Serge : il faisait partie des colocs mais sa musique est beaucoup plus trash, du rock avec des paroles parfois engagés, souvent satyriques et des clips à la south park. Il appuie là où ça fait mal, ses chansons sont parfois des petites chroniques d’actualité (mononc’serge chante ’97, Mononc’Serge chante ’98), c’est habilement écrit…Il développe ses concerts sous différentes formes, allant de seul à la guitare sèche à accompagner d’un groupe de métal… Il est à la musique ce que Dupontel est au cinéma : du trash burlesque
extrait musical proposé : le caniche, sur 13 tounes trash

 


Loco Locass
c'est du rap funk, très engagé, souverainiste, indépendantiste et tout ce qu'on veut...des textes bien écrits quand on les comprend, beaucoup de référence historiques et politiques. Même ceux qui ne sont pas trop rap pourront accrocher à la musique de ce groupe. (extrait musical prochainement disponible : libérez-nous des libéraux, sur Amour Oral ) Mes aïeux, c'est plus traditionnel, parfois bretonnant (des airs d’an dro parfois, la prison de Nantes devient la prison de Londres,…), il y a peu d’accent mais on repère les expressions locales. C’est sympathique à écouter, du « rocklore » diront certains.
(extrait musical proposé : le yâbe est dans la cabane, sur Entre les branches

Et voilà déjà de quoi vous donner un aperçu de la scène québécoise. Et pour ceux qui veulent un petit bonus, il existe aussi les traditionnels : Félix Leclerc (un peu le Brassens québécois pour la musique et la voix, c’est LA référence, LE modèle québécois…d’ailleurs, les victoire de la musique là-bas, ça s’appelle, les Félix, en hommage à Félix Leclerc), Robert Charlebois, toujours actif à ce jour, il a été le premier à chanter en joual et est un exemple aussi pour beaucoup de groupes rock actuels, Gilles Vigneaud…. Et si vous êtes vraiment curieux, essayez de découvrir Jean Leloup, GrimSkunk, WD40, Henri Band, Plume Latraverse, Groovy Aardwark, Pépé et sa guitare, les Batteux Slaques, les Dales Hawerchuk Jorane, Marah Tremblay, Marie-Joe Thériot, etc. (extraits musicaux prochainement disponibles : Dales Hawerchuk, WD-40, Pépé et sa guitare )
Une des chansons les plus connues de Felix Leclerc : Le petit bonheur

La même chanson revisitée par Groovy Aardvark
 

Par solyluna
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Vendredi 7 juillet 2006

Patrick Juvet se demandait : où sont les femmes ? Shamrock répond… (ou pas)

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Alors que Ségolène Royale fait sa tournée au Chili, que Michele Bachelet est depuis élue présidente du Chili, que la télé se féminise de plus en plus (présentatrices de jt, etc.), la scène féminine se développe et s’expose de plus en plus.

Certes, les chanteuses ont toujours existé, La Callas, Edith Piaf, Barbara, etc. ont toujours été très respectées et personne n’a remis en cause leur talent, elles font partie du patrimoine culturel.

Puis, dans la société de consommation, les maisons de disques n’ont pas hésité à mettre en avant les personnalités physiques des chanteuses… Les Jennifer Lopez, Christina Aguilera, Britney Spears, Shakira sont aussi célèbres pour leur plastique que pour leurs tubes. Et en faisant jouer cet aspect là, les femmes ont souffert d’un certain discrédit artistique.

Courtney Love est et restera avant tout la femme de Kurt Cobain, Gwen Stefani attirera toujours un certain public grâce à ses formes et ses tenues, France Gall a connu du succès grâce à ses paroliers Serge Gainsbourg et Michel Berger, etc.

Mais il existe des chanteuses qui se sont fait (re)connaître par leurs textes,musiques plus que par leur déhanchement. Joan Baez, Janis Joplin, Patti Smith (qui ont un petit côté masculin, soit dit en passant) sont des icônes du rock et reste, du moins pour la première, encore aujourd’hui inégalée. Dans un style plus calme, Françoise Hardy impose un certain respect, tout en réserve et humilité. Et c’est dans la lignée de Françoise Hardy qu’une nouvelle génération de chanteuses émerge sur la scène française. Elles n’ont pas de prétentions apparentes, occupent très peu les médias, s’accompagnent souvent d’une guitare simple et chantent en leur nom et non au sein d’un groupe, accompagnées de musiciens. Et depuis quelques années, les médias spécialisés, les « gens du métier » n’hésitent pas à mettre en avant leur talent.

L’émergence de cette scène féminine a été favorisée par l’énorme succès inattendu de Carla Bruni… Des millions d’albums vendus par cette ex-mannequin à la voix fluette, qui écrit ses propres paroles et joue elle-même de la guitare, aidée et soutenue par l’ex-guitariste de Téléphone, Louis Bertignac. Zazie aussi a fait son petit bonhomme de chemin, connaît un succès populaire et garde l’image d’une artiste simple et sympathique (elle m’avait d’ailleurs très agréablement surpris en concert aux vieilles charrues). En plus de succès en terme de ventes de disques, la Grande Sophie s’est vue remettre en 2005 la victoire de la musique « découverte scène ». D’autres artistes ont reçu des prix moins médiatiques : Camille a obtenu le prix Constantin (et succédé ainsi à Mickey 3D entre autres), Pauline Croze a reçu le prix Adami-Bruno Cocatrix, etc. Elles n’ont pas toujours des supers voix mais ont une plume, un style, une recherche artistique. Elles font partie de cette « nouvelle scène française », nouvelle chanson française et bénéficie du succès de -M-, Bénabar qui n’hésitent pas à les faire jouer en première partie et les inviter aux émissions qui leur sont consacrés (notamment taratata, avec -M- en janvier dernier, la musicale sur canal +, etc.). Cette scène à la spécificité de ne pas avoir trop de paillettes, être sympathique, proche du public (on se reconnaît dans beaucoup de chansons) et de se former grâce aux concerts, de vivre grâce à eux, d’enregistrer un album pour avoir un support, sans forcément avoir beaucoup de moyens et c’est aussi ce qui donne cette touche spéciale à cette scène… On voit d’ailleurs le retour en force du jamman, matériel qui sert à sampler sa propre guitare, c'est-à-dire qui enregistre quelques mesures et les répète en boucle, on peut donc s’accompagner tout seul, enregistrer la rythmique, faire des chœurs, etc. et ainsi étoffer la musique en étant pourtant tout seul avec une guitare (à cet égard, je vous conseille de voir la démonstration que fait -M- dans le dvd le tour de -M-). Anaïs, révélation printemps de Bourges 2005, a ainsi pu enregistrer un album simple, en live, seule à la guitare et cela reflète bien son univers.

Mais la caractéristique de cette scène, c’est aussi la place faite aux textes. Ce sont des petites histoires, souvent teintées d’humour, quelques fois malicieuses et surtout originales.

Olivia Ruiz fait aussi partie de ce renouveau de la scène. Après avoir participé à la star academy, elle a su se construire une petite carrière et notoriété, sans l’appui des médias. Elle a collaboré avec Juliette, qui connaît d’ailleurs un regain de succès ou du moins d’intérêt depuis deux albums (et a été récompensée comme artiste féminine de l'année aux dernières Victoires de la Musique)

Bref, les femmes ont le vents en poupe, et pas qu’en France (Des millions de gens se sont laissés envoûter par la voix jazzy de Norah Jones, Feist a vendu moins de disques mais a été récompensée par deux grammy awards, Bebe, dans un style un peu plus dynamique a connu un gros succès en Espagne, etc.). En plus de jouer de leur féminité et/ou de leur humour, elle manie bien les mots, ont une présence scénique, du charisme même teinté de timidité et de réserve…c’est ce qui fait aussi tout le charme de leurs musiques.

Quelques albums :

Anaïs – the cheap show, live in marseille

Premier Album solo de cette chanteuse qui s’exerce à merveille dans un univers délirant, des chansons réalistes comiques qui nous font penser à Bénabar.

En plus de paroles remplie d’humour, cet album est aussi agrémentée de parodies, à commencer par celle de Linda Lemay (« même si la vie c’pas du fois gras » ) et d’autres allusions dans différents morceaux (rap-collectif ; intermède : et pendant ce temps là sur mtv)

Bref, un album sympa à écouter qui nous donne envie d’aller la voir en concert (en avril à Nantes).

Bebe – Pafuera telarañas

Chanteuse madrilène qui connaît un joli succès en Espagne mais qui malheureusement ne fera pas beaucoup de concerts en France…

Son album est pétillant, on sent la chaleur hispanique. Après un premier morceau tout en retenue, les guitares se rythment un peu plus, virent parfois au ska-rocksteady, et les arrangements nous rappellent quelques fois Manu Chao (il y a quand même beaucoup moins de mimiques, samples, etc. ça reste très naturel). Même si ce n’est pas une chanteuse engagée, elle n’est pas étrangère aux problèmes sociaux (violence conjugale notamment) mais préfère la musique aux discours politiques. A découvrir et écouter en boucle. En plus, ça fait travailler notre espagnol.

FeistLet It Die

Il est très probable que vous connaissiez Feist sans savoir que c’est elle, une de ses chansons, Mushaboom, sert en effet de musique de fond dans la campagne de pub du nouveau parfum Lacoste.

Feist nous séduit par sa voix et un accompagnement dépouillé à la guitare pendant « Gate Keeper », morceau qui ouvre l’album. Elle diversifie les styles, passant même par une reprise des Bee Gees à sa façon (« inside out »). Un album calme, reposant, envoûtant. Avec sa voix légèrement cristalline, on ne peut qu’être charmé…

Par solyluna
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Vendredi 7 juillet 2006
Bénabar est un parolier talentueux. On sent dans la manière de tourner ses textes son passé cinématographique (il a en effet réalisé quelques courts métrages, travaillé sur des épisodes de la série H). Il sait manier avec justesse l’humour pour décrire la société et les comportements des individus. Il raconte des scènes de vie apparemment banales avec brio pour en faire des petits bijoux de cynisme décapant.

Prenons l’exemple de « Porcelaine » : ça pourrait être une histoire à l’eau de rose, basique, une fille qui multiplie les histoires compliquées (un homme marié, un violent, un macho, un artiste, un drogué, lui) et ça se transforme toujours en échecs sentimentaux. Bref, c’est auprès de son psy qu’elle trouve de l’écoute et va donc naturellement tomber amoureuse. Là on se dit, c’est beau, c’est magnifique, c’est émouvant, on s’emballe, on veut y croire (et elle aussi) mais non…ce psy a des penchants sado-maso…ça casse tout le rêve de l’amour candide et tendre que cherche cette jeune femme. Retournement de situation au cours de la chanson qui permet de retrouver la situation de départ (« ya pas forcément de prince charmant derrière tous les crapauds »), construction assez classique en cinéma.
Autre exemple, autre construction dans la chanson inédite « le psychopathe ». Là, on part de la situation actuelle, un homme se retrouve à la porte et il supplie sa copine de lui ouvrir. Au fur et à mesure de la chanson, à travers des retours en arrière, on comprend petit à petit pourquoi il est arrivé à une telle situation : il a trompé sa copine (qu’est-ce qui m’a pris de scier la branche ou j’étais assis, un moment d’absence, moment d’absence, blonde et très jolie (…) ouvre-moi chérie). Il essaie de se faire pardonner mais à travers les explications qu’il donne, on saisit mieux la complexité de la situation : le « moment d’absence » en question était en fait la sœur de sa copine (« cette fille là, elle compte pas pour moi, c’est une fille facile, une aguicheuse, une briseuse de couple, une menthe religieuse….d’accord j’arrête d’insulter ta sœur ») qu’il a fini par découper à la tronçonneuse (qu’est-ce qui m’a pris de scier cette fille, un moment d’absence, moment d’absence, blonde et très jolie). Construction en flash back classique aussi.

Mais en plus de scénariser ses chansons, on pourrait dire tout simplement que c’est un fin observateur. Il décrit les comportements sociaux, en accentuant les traits. Voilà pourquoi on peut aussi voir en ses chansons un travail sociologique, la matière première des sociologues étant l’observation de leurs contemporains. Et qui ne s’est pas reconnu dans une des chansons de Bénabar ? Par ailleurs, la chanson « Majorette » n’est-elle pas une illustration du processus de stigmatisation énoncé par Erwing Goffman ?
Le personnage dans cette chanson, membre d’une fanfare, est apparemment considéré comme anormal (« d’habitude on me moque alors j’aime bien qu’on me confonde avec le fils du notaire, le gérant de l’épicerie, moi j’ramasse les feuilles pour la mairie »). Or la stigmatisation a été décrite par Erwing Goffman comme un processus de discréditation qui touche un individu considéré comme «anormal», «déviant». Il devient alors réduit à cette caractéristique dans le regard des autres (« le bon à rien qui a pas toute sa tête »). Cette «étiquette» justifie une série de discriminations sociales, voire d’exclusion (« parce que dans ma tête il y a un truc qui va pas, la patrie et Nadège, ils veulent pas de moi »). Le stigmatisé se construit alors en fonction de ces rejets en développant une dépréciation personnelle altérant l’image de soi et légitimant ces jugements négatifs de façon irréversible le plus souvent.
Autrement dit, étant catalogué bon à rien, il va agir comme tel et justifier son étiquette : « d’ailleurs je m’en fous de tout (…)je voudrai tous qu’ils crèvent (…) je vais faire des fausses notes, (…) leur gâcher la parade, leur casser les oreilles, je suis bon à rien la preuve, je ramasse des feuilles mortes ».

Bref, tout ça pour trouver des excuses pseudo intellectuelles au fait que non, Bénabar ce n’est pas qu’un simple gars bien habillé qui utilise une recette peu originale mais efficace consistant à rabâcher un même thème, les déboires de la vie (de couple), avec humour (ou cynisme) pour séduire la gente féminine…car "Bénabar, son truc, c’est plutôt la chanson".
Par solyluna
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Jeudi 30 novembre 2006
A première vue sur les présentoirs des disquaires, cet album ne paie pas de mine. La pochette est noire…sombre…très intense…sensuelle…équilibrée,…profonde avec un corps puissant, subtil et agréable,…quoi d’autre… une photo tournée à 90° montre le chanteur en chemise noire légèrement incliné vers l’avant (donc vers le haut de la pochette), tête pointant le nord en quelque sorte…Son nom est quand à lui inscrit en noir brillant, en petit…il faut donc y prêter intérêt pour le remarquer.

L’intérieur de la pochette, deux interprétations me viennent en tête. Soit contrairement à la pochette, il est incliné vers l’arrière, comme s’il tombait au ralenti. Soit il est assis sur un trône transparent (n’oublions pas qu’il vient de la province aux fleurs de lys). Cherchons donc à interpréter un peu cette pochette à travers les textes de l’album. Ou comment savoir si cette pochette illustre une chute ou un règne, les doutes ou l’ego d’un artiste… une problématique que l’on retrouve dans plusieurs chansons de son album.

 

La première chanson s’adresse « à vous qui êtes venus jusqu’ici, jusqu’à moi ». La  forêt des mal-aimés, c’est aussi le titre de son album. Cette chanson nous invite donc à découvrir son album et son univers, « La forêt des mal-aimés où il fait bon s’y promener », fait encore preuve d’une grande modestie quand à la qualité de son disque (après tout, peu d’artistes critiquent négativement leur travail…mise à part Laurent Baffie dans la première scène des clefs de bagnole, je ne vois pas). Cela se présente un peu comme son premier album : la première chanson, place des abbesses, il nous invite à le rejoindre. La forêt des mal-aimés, ça a l’air moins glauque, rappel des faits : « je vous emmène dans ma fête la sur le carrousel où se violent les fous, au milieu des cris de la bête, vous noyer dans l’océan des gueux. […] au rendez-vous place des abbesses, les pigeons font semblant de sourire avant de nous déféquer dessus, venez tous vous lapider, au rendez-vous place des abbesses ». La forêt des mal-aimés, c’est donc plus accueillant, il y fait bon s’y promener.

Qui sont donc les mal-aimés ? « à vous mes chers mal-aimés, à vous » : cela s’adresse sans hésitation au public. Seul l’artiste est aimé à sa juste valeur, le public ne connaît pas ce sentiment (ce qu’il rappellera plus tard : vous ne saurez jamais ce que c’est que d’être aimé). Le public donc est venu pour écouter ce que l’artiste à à lui dire (le fruit du regret délaissé sûrement…). Mais pourquoi donc est-il venu, ce public ? Car cette forêt n’est pas si accueillante que cela : « mais pourquoi donc êtes-vous venus dans cette forêt aux coins perdus, où les murs tapissés de fleurs ne font que rappeler le malheur ? Mais pourquoi donc êtes-vous venus dans cette forêt aux coins perdus ? ».

Car tout au long de l’album, ou au moins cette chanson, Pierre va rappeler que le public n’est en fin de compte, rien. Et même, il va presque nous enfoncer, nous pauvre public avide de bonheur même éphémère. Va-t-il nous faire réaliser que nous ne sommes que du vide, enfin que notre âme n’est rien et nous plonger dans notre malheur ? Nous le montrer à travers des métaphores et du divertissement que nous ne valons que peu de chose et nous rappelle notre malheur? Pourquoi sommes-nous mal-aimés ? est-ce tout le sentiment qu’il nous porte ?

Bref, je m’emporte… Il nous invite à nous divertir (divertir, du latin divertere, se détourner), c’est déjà bien.
Mais si jamais nous tentons de comprendre vraiment le sens des chansons et donc du divertissement, on se rendra compte de notre détresse. « c’est sûr tout ira moins que bien si vous osez suivre le chemin ».

Pour conclure sur cette chanson, la forêt des mal-aimés n’est qu’une simple poésie inspirée de la théorie du divertissement de Pascal.

 

Passons à la deuxième chanson, deux par deux rassemblés, est-ce un morceau où il réunit le public et l’artiste ? Après avoir montré la misère et le vide de la condition du public, Pierre Lapointe montre que les artistes aussi ont des moments de doutes (ce sont des humais après tout, même si je parlerai de ça dans un futur article).

Mais ces doutes ne sont pas ceux de l’artiste même, mais plutôt la résultante de l’incompréhension du public : « celui qui était fort hier ne sera que poussière demain malgré la grandeur des refrains et malgré l’arme qu’il a la main », ce n’est pas la qualité des chansons qui est à remettre en question mais les goûts du public. L’arme qu’il a la main est une métaphore souvent utilisée pour désigner la plume, il suffit d’écouter le dernier Renaud pour aller dans ce sens : j’ai retrouvé mon arme, elle était dans mes rimes. C’est le public qui décide du succès ou non d’un artiste, même son amateurisme (du public) l’empêche de déceler parfois la qualité d’un artiste. Le public a, comme l’avait dit Marianne James dans une émission, de la merde dans les oreilles. Sans oublier le jury de la star’ac qui est souvent contesté par le public (mais pourquoi il fait pas la tournée le chauve là ?!?).

« Ce n’est sûrement pas de briller qui nous empêchera de tomber, ce n’est sûrement pas de tomber qui nous empêchera de rêver » : encore une fois, le succès ne tient qu’à un fil et être au sommet n’empêche pas de tomber dans l’oubli quelques mois ou années plus tard. Quand au public, déjà à terre, rien ne l’empêche de rêver au succès (bien au contraire dirait Pascal).

Dans la suite des paroles, l’artiste nous rappelle qu’il n’a pas pour but d’éblouir mais d’être sincère : « Ce qui reste à jamais gravé (ndlr : n’est-ce pas une définition d’un disque ?) (…) n’est pas objet qui ne pense qu’à briller mais plutôt tout geste de vérité ».

Mais bon, l’oubli n’est jamais loin. Dès lors, il faut trouver des remèdes pour retrouver la célébrité, qui peut être écrire une comédie musicale : « Demain nous donnerons nos armes, en offrande à Notre-Dame, pour ces quelques pêcheurs sans âme, en échange des ornements de nos larmes ». Autrement dit, dans un avenir, plus qu’incertain, il écrira des comédies musicales (« beeellllle, c’est un mot qu’on dirait inventé pour eeellle » écrit par un québécois, rappelons-le) pour une fois de plus, ce public sans goût (une fois de plus, il rejoint Pascal), au lieu de se lamenter tout seul.

Une fois que le public est avec nous, tout est possible, tout est réalisable, c’est le jeu de la vie.

Il faut donc que le public et l’artiste se rassemblent, c’est le seul moyen de s’exprimer, de se faire entendre même si l’angoisse de l’échec restera malgré tout : « une fois deux par deux rassemblés, nous partirons le poing levé, jamais la peur d’être blessés, n’empêchera nos cœurs de crier ». Encore une fois, le vide reste toujours là, mais la réussite permet de le combler de manière fictive et nous permet de continuer. Pascal encore et toujours.
 

Le lion imberbe continue dans cette logique là.

Déjà, quelle meilleure métaphore que le lion imberbe pour Pierre Lapointe ? Le lion sous-entend roi (et là, on se souvient de la jaquette et du trône transparent), roi de la jungle (et on sait bien que le marché du disque est une sorte de jungle), imberbe nous rappelle sa jeunesse (il n’a qu’une vingtaine d’années). Encore une fois, il nous invite à le rejoindre (vite venez) à écouter ses chansons (sa source gardée) inspirées par ses doutes et autres chagrins. 

« Je suis celui qui flotte quelque part dans l’espace », ça montre la grandeur mais aussi la solitude, la solitude des grands si souvent évoquées (notamment dans « Président »,  film de Lionel Delplanque). Et c’est bien confirmé dans la suite des paroles « je me love quelque part entre la terre et la mer ne trouvant pas bonheur ». Bonheur, c’est aussi son public qu’il craint de ne pas trouver notamment en France (« J’irai voguer sur mer mais elle ne veut pas de moi, je poserai pied à terre mais tu n’y serais pas » il traversera l’atlantique mais le succès est plus difficile à trouver sur le continent européen). Encore une chanson qui exprime les craintes d’un échec.
 

« Qu’en est-il de la chance »,  nous incite à nous questionner quelle est la part du hasard dans le succès.

 « Les oiseaux se meurent
Au pays des fleurs de la transe
Les oiseaux se meurent
Qu’en est-il de la chance ? »

Les oiseaux sont caractérisés par leur chant, ils s’apparentent donc aux chanteurs.
Le pays des fleurs de la transe est sans nul douter le monde du spectacle, où les succès euphorique se fanent (à moins que les fleurs ne soient elles aussi les artistes qui suscitent l’extase du public, d’où les fleurs de la transe). Les artistes s’éteignent donc, mais quelle opportunité les a amenés au succès ?
Par là, Pierre Lapointe s’interroge peut-être sur des débuts difficiles de certains...mais pas lui visiblement puis qu’il ne lui a fallu que deux ans pour devenir un artiste populaire et multi récompensé au Québec.

Dans le deuxième couplet, seule une phrase change « les oiseaux se meurent par le coup de la lance » : la carrière peut s’arrêter d’un coup sec, comme nous l’avons déjà évoqué précédemment.

Qu’en est-il de la chance, c’est encore pour se demander comment un public entre en adéquation avec un artiste. En effet, le public ne récompense pas toujours les meilleurs, c’est donc peut être par chance, dans le cas de Pierre Lapointe, qu’il récolte aussi bien les louanges des critiques et du public.

 

L’endomètre rebelle : qui dit succès dit femmes.

 « Je les entends toujours qui m’appellent les cris de l’endomètre rebelle, comme au temps des amours, au temps d’avant, d’avant les grands détours, c’était le temps d’avant ».

A en croire cette chanson, le succès permet d’ouvrir des portes très facilement. Plus besoins de faire de grandes déclarations, de grandes parades pour obtenir les faveurs de la gente féminine.

« Je les entends toujours qui m’appellent, les hurlements de l’ange rebelle, massacrant l’apparat de nos amours, de nos fastes amour ».

Il est facile de se laisser tenter par des plaisirs faciles, pourquoi ne pas céder quand tout s’offre à vous ? Le seul inconvénient est que ça perd de son charme.

 

Cette chanson fait la transition, celles qui suivent prêtent plus difficilement une interprétation pascalienne ou autre tirée par les cheveux…ou alors c’est juste qu’au fur et à mesure des ses chansons, Pierre Lapointe nous berce, nous emmène dans son monde et on se laisse embarquer. Car cet album est bon, voir très bon. Les textes sont poétiques, la musique est variée, sans superficialité. Même en piano-voix, ses morceaux gardent leur saveur.

Puis comme c’est souvent dit, pour une fois qu’un chanteur québécois nous arrive sans crier dans un micro, qu’il a des talents d’auteur compositeur, on ne va pas cracher dessus.

Puis de toute façon, cela ne servirait à rien, je cite ses remerciements : « merci également à tous ceux qui n’aiment pas mon travail. Je reste persuadé qu’un jour, vous serez tous à mes pieds ! » signé d’un  « Pierre le grand ». Il ne fait pas toujours dans l’humilité mais après tout, il y a tellement de Lapointe au Québec (Eric, Hugo, Jean, Stéphanie, …) il faut bien se faire un prénom pour se démarquer. Et puis ce n’est pas à prendre au sérieux, c’est le même genre d’ego qu’a Bénabar, c’est peut-être lui aussi un angoissé de la vie derrière ses prétentions affichées (Pascal en force !).


 

Par solyluna
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Vendredi 16 mars 2007
Hop, retour à la musique après un intermède cinéma.

En voilà une bonne résolution pour 2007. Afin de mettre un terme aux médiocres prestations françaises ces dernières années sur la scène européenne, la France a décidé de changer sa stratégie pour 2007. En effet, les autres pays ont évolué musicalement avec le temps, en nous sortant des groupes radicalement opposés au genre de la sélection française et qui pourtant, au final, étaient mieux classés. Alors que certains nous pondaient des boysband ou encore des groupes de hard-rock, la France restait positionnée sur son créneau de chanson à voix triste (ennuyante) sans personnalité (certes, Natasha St-Pier et Patrick Fiori ont réussi à sortir du lot après...). Alors pour 2007, la France a pris les choses en main en renouvelant son catalogue. Certes, on retrouvait encore quelques chansons à voix, musicalement assez fades, quoi que plus dynamiques et plus festives que les années précédentes pour Estelle Lémée (Comme un rêve), pale copie de Lorie, issue de la génération star’ac, ayant fait ses débuts à l’école des fans (un cv prometteur donc) ou encore Charlotte Bequin (Je veux tout), actrice de pub et mannequin, autant dire une artiste complète.

Enfin non, Jennfier Chevalier (Mon étoile) ne montrait pas de réelles innovations musicales pour l’eurovision, chanson à voix larmoyante mais les costumes étaient tout à fait dans l’esprit eurovision. Voilà pour ce qui ne nous changeait pas tellement. 
Il restait encore sept groupes qui nous surprenaient un peu plus.
Valérie Louri (Besoin d’ailleurs) nous offrait une musique plus élaborée, traditionnelle martiniquaise. BZR et ChabHamid (Galbi) nous pondaient une chanson rap très influencée par la musique orientale (aussi bien dans les paroles que la mélodie), avec la 9.3 touch en plus, qui ne plaît sûrement pas à la France lepeniste. Medi T (on & on) sortait un morceau ragga r’n’b (avec un petit hymne français au début), festif quoi que moins original que “fais la poule”, et le Ministère des Affaires Populaires (grain d’sel) mélangeait rap et chanson, dans un décor de cheminot, pour mettre de la couleur dans la télé. Enfin, il restait encore trois groupes que l’on n’attendait pas du tout dans ce genre de concours. Les Vedettes (Vive Papa!), un groupe de majorettes belges, chantaient une chanson très décalée et délirante ( qui donnait approximativement “papa est mort regarde-le il est tout bleu, touche-le il est tout froid”) écrite par Philippe Katerine (qui tenait le rôle de papa dans le clip, “papa” évoquant Pinochet).

Les Wampas (Faut voter pour nous), fidèles à leur délire mégalo qu’ils développent sur scène, exposaient en quelques minutes les arguments pour que le public les sélectionne à l’eurovision : du rock à l’eurovision pour que la fête soit belle, pour que ça change, pour ne plus finir dernier. Les Fatals Picards (L’amour à la française) avaient sorti leurs plus beaux costumes pour interpréter cette chanson d’amour so cute avec un accent so british, mais ils restent avant tout so frenchy, vu qu’ils seront les fiers représentants de la France en 2007.
Par solyluna
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